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Vida Rica sin Brújula

Temps de lecture : 4 mn

La magie de Disney
Ma première expérience en tant que serveuse fut à Disneyland Paris, l’été 96, dans Main Street (après les tourniquets de l’entrée, il y a une place puis MainStreet : je travaillais là, sur la droite). Le matin, je servais les petits-déjeuners à emporter avec viennoiseries et boissons chaudes ; à midi, c’était les sandwichs, snacks, plats chauds, tout ce qui constitue la restauration rapide avec des boissons bien entendu ; l’après-midi, c’était glace, boissons et divers goûters (salés et sucrés) ; et le soir, c’était de nouveau de la restauration rapide. Donc pas de service à table et rien de transcendant comme expérience de travail.

Mais j’ai adoré ce job ! D’une part, j’étais super fière de travailler à Disneyland Paris, d’autre part, l’ambiance était sympa entre collègues et avec le management. Et puis, je voyais la parade tous les jours quand je travaillais, je profitais du parc et des attractions sur mes jours de repos, j’ai pu m’acheter des souvenirs à tarifs préférentiels et j’ai rencontré des jeunes de mon âge venant de toute l’Europe. Super enrichissant !
Certains ont eu la chance d’être hébergés en colocation à proximité du parc, d’autres comme moi ont dû chercher leur logement. J’avais trouvé un camping où j’avais planté ma tente et qui proposait un service de navettes.

Ce que j’ai moins apprécié est, entre autres, les différences culturelles entre la France et les autres visiteurs : certains ne disaient ni bonjour, ni s’il vous plait, ni merci, ni au revoir (ni en anglais ni dans leur langue) et cela m’a beaucoup coûté. Je suis plus tolérante aujourd’hui sur ce point mais j’avoue que j’ai encore du mal car je considère que c’est le B.A. BA de la courtoisie. Mais chaque culture est différente 😊
Anecdote à ce sujet : un matin, un client se présente pour me demander des viennoiseries mais ne dit pas bonjour ni rien ni m***. Je lui dis bonjour en anglais et dans d’autres langues mais il ne répond pas. Je répète « bonjour » et ne le sers pas jusqu’à ce que j’aie obtenu un « bonjour » de sa part (un peu têtue la fille, hein ?!). Ce sera ma collègue qui me dira d’arrêter pour ne pas avoir d’ennuis….
J’ai eu beaucoup de mal aussi avec la musique constante, qui tourne en boucle : quand on est visiteur, on n’y fait pas attention mais quand c’est 8h00 par jour (ben oui, à l’époque on travaillait 39h00 par semaine), à force, c’est juste horrible !
Ce sont vraiment les deux seuls points négatifs dont je me souviens encore.

Après Disney, je pars aux USA comme au pair puis je rentre en France. Mon envie de repartir est au plus haut, motivée par cette malheureuse expérience de mon rêve réalisé mais que finalement j’ai adorée (l’expérience, c’est pas clair ? Vous suivez pas ????!!!!! Je comprends pas !) Je cherche donc un moyen de repartir, m’inscris à France Travail (ANPE à l’époque si je ne me trompe pas) grâce auquel je trouve un job en Angleterre, à Leeds précisément. Cette fois, je pars pour travailler de verdad.

Grande déception de ma mère qui voit encore sa fille s’échapper…

La grisaille de l’Angleterre : mythe ou réalité ?
Je deviens serveuse dans une brasserie française haut de gamme à Leeds, au cœur du quartier financier. A midi, la clientèle est majoritairement composée de cols blancs, le soir, c’est plus varié mais toujours sélect.
Le patron de cette brasserie m’avait choisie pour deux raisons : mon expérience en restauration chez Disney le précédent été ET mon anglais suite à mon séjour aux USA. Je fus formée comme serveuse, pour le service en salle à table. La brasserie avait une carte de fromages impressionnante dont je n’en connaissais pas la moitié, il m’a fallu les apprendre en plus des plats de la carte. Un vrai challenge !

Au départ, je prenais les commandes pour connaître tout doucement le job. Je vérifiais que les verres étaient pleins, qu’il ne manquait rien sur les tables et je servais les boissons, pas le vin car il y avait un sommelier. Puis je suis montée en compétences : je me suis occupée du plateau de fromages avec la mise en place et le service ainsi que du chariot à desserts, garni de différentes pâtisseries, comme dans certains films ! J’ai découvert le cheesecake à la banane, une vraie tuerie ! Puis, j’ai pris les commandes et petit à petit, je suis devenue serveuse confirmée : je m’occupais des clients de A à Z.

Je travaillais le midi et le soir ; on terminait rarement tard car en Angleterre, ils dînent tôt. Parfois, après le service, on partait en boîte tous ensemble. L’équipe en salle était française, pour la touche Frenchy du restaurant, en cuisine je ne me souviens plus. Je logeais dans ce qui équivaut en France à un foyer de jeunes travailleurs, tenu par des bonnes sœurs. J’avais ma propre chambre avec un lavabo, la cuisine et le salon étaient communs.

Une anecdote : deux clients en terrasse paient la note en espèces et me disent quelque chose mais je ne comprends pas (oups !). Je pars encaisser et reviens avec la monnaie. Et là, malaise : ils me regardent interloqués, je n’ose pas leur dire que je n’ai pas compris (hello cher petit ego) et je m’en vais… Je ne sais plus s’ils ont laissé la monnaie ou pas mais cet événement m’a marqué !

Ce que j’ai apprécié : mes deux expériences précédentes m’ont servi pour décrocher ce job, vivre et travailler dans un autre pays, améliorer mon anglais et ma capacité d’adaptation ; on m’a fait confiance et donner ma chance ; la richesse des parcours de l’équipe, les échanges, les partages ; la découverte des alentours de Leeds.

Ce que j’ai moins aimé : la météo ! Je suis restée en Angleterre 3 mois, de juin à août 97, et la principale raison de mon départ fut la météo. Je suis du Sud, j’ai grandi à Toulouse où il fait beau, pas trop froid et où la luminosité est importante. L’été 97 à Leeds (situé juste au-dessus de Manchester, plein centre du pays) a été l’équivalent d’un hiver à Toulouse avec beaucoup de grisaille, pluie, froid, à tel point que ma mère m’a envoyé des pulls en plein été ! Je ne me voyais pas passer l’hiver là-bas, la luminosité commençait à me manquer sérieusement alors qu’on était en été.

Ce que je retiens de ces 2 expériences
Le travail dans un environnement international et multiculturel, l’adaptation à des cultures différentes, la débrouillardise et la réactivité accrues, une sortie de ma zone de confort, une amélioration de mon anglais et une ouverture aux autres cultures.

Article écrit 02.2026


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