Quand j’ai cherché une formation en sophrologie, je suis tombée sur énormément d’informations sur internet : formations en 2 ans, en 1 an, en 6 mois, en quelques jours, en présentiel, en visio, à distance…. Bref, faites votre marché car il y en a pour tous les goûts !
Jusqu’en janvier 2025, la sophrologie bénéficiait d’un titre RNCP*, donc une formation avec un niveau de qualification et de connaissances nécessaires à l’activité professionnelle, important pour cette activité professionnelle qui n’est pas réglementée et qui fait partie des thérapies douces / médecines complémentaires, parfois mal perçue.
Choix de la durée de formation
Deux ans : c’est le temps requis pour appréhender, digérer, intégrer, assimiler les méthodes et techniques ainsi que les bienfaits de la sophrologie.
Avantages : rythme adapté pour l’apprentissage, l’assimilation, l’intégration pour le futur praticien ; il permet de conserver une activité en parallèle pour celles et ceux qui travaillent déjà, de se former progressivement, de « vivre » l’expérience, d’intégrer ce qu’il y a à intégrer sans trop empiéter sur son temps libre (loisirs, famille, etc).
Inconvénient : pour celles et ceux qui ne travaillent pas et sont en reconversion, 2 ans peuvent paraitre long !
Un an : c’est le rythme actuel de la plupart des formations trouvées lors de mes recherches. Ce sont les mêmes formations de base que celles en 2 ans mais avec des cours plus rapprochés !
Avantages : l’impact psychologique des « 1 an » est accepté pour une reconversion.
Inconvénients : pour le futur sophrologue, un rythme plus soutenu, des temps d’intégration, d’assimilation et d’apprentissage personnels plus rapprochés qui peuvent impacter la qualité de « l’expérience » et tout ce qui s’y rattache. Un an peut aussi compliquer l’organisation et la vie personnelle sur les jours de formation.
6 mois : psychologiquement, c’est la durée idéale de formation.
Avantage : rythme apparemment parfait pour une reconversion rapide.
Inconvénients : trop, beaucoup trop rapide pour intégrer, assimiler et apprendre la sophrologie à mon sens et devenir un professionnel digne de ce nom (en tout cas au début !). J’ai rencontré au cours de ma formation une sophrologue qui pratique aussi la supervision ; elle expliquait faire face à beaucoup de sophrologues ayant choisi cette durée en grandes difficultés face à leurs accompagnements, du fait de ne pas avoir pris le temps de vivre et intégrer la méthode.
Quelques jours : je n’ai même pas regardé le contenu de ces formations, car cela me paraissait bizarre de raccourcir une formation à la base de 2 ans en quelques jours. Et honnêtement, quand je vois tout ce qu’on nous enseigne en un an, eh bien, je ne veux même pas savoir ce qu’ils font en quelques jours !
Choix du format de la formation
A distance : c’est le format idéal pour apprendre à son rythme, quand on veut, où l’on veut.
Avantages : je viens de vous en citer + synonyme de liberté dans son apprentissage.
Inconvénients : même s’il y certainement des forums de partage entre apprenants, des intervenants à disposition quand on a des questions, le partage d’expériences en live est à mon avis manquant. Rappel de ce qu’est la sophrologie : le sophrologue accompagne une personne grâce à une technique basée sur la respiration, technique encadrée par un protocole, puis cette personne partage (ou pas) ce qu’elle a vécu lors de cet exercice. Cela veut dire qu’il y a un échange visuel, peut-être sensoriel, en tout cas personnel entre ces 2 personnes, un lien se crée entre l’accompagnant et l’accompagné. Dans le cadre d’une formation, si le futur sophrologue ne « vit » pas cette expérience correctement (si le formateur ne le voit pas, il ne peut pas l’aider), le futur sophrologue ne sera pas formé correctement, et le risque lors de l’accompagnement est de ce fait réel. C’est là que la formation à distance me dérange, par ce manque.
En visio : c’est le format apparemment parfait. On est confort, à la maison, sans contrainte aucune liée à la formation en présentiel mais, pour moi, il manque quelque chose, en tout cas je ne conçois pas mon apprentissage comme future sophrologue par ce biais. C’est comme une réunion : elle n’est pas vécue ni ressentie ni partagée de la même façon en présentiel et en visio.
Avantages : pas d’embouteillages, problème de stationnement, de météo, en plus de ceux mentionnés précédemment.
Inconvénients : l’instabilité de la connexion internet ; les copains qui se cachent derrière leur caméra éteinte (vous me direz, c’est leur problème, et vous avez raison ! Sauf que si la caméra est éteinte ou la connexion mauvaise, le formateur ne vous voit pas. Comment peut-il savoir si vous faites bien l’exercice, si tout va bien de votre côté ?) Le manque de « connexion » et de cohésion entre apprenants. Et puis, la « respiration », eh bien, ça se vit, ça se voit, ça s’entend, et en visio, en tout cas en apprentissage, ça me perturbe.
Présentiel : c’est le format que j’ai choisi et j’en suis ravie car je retrouve les copines le temps d’un week-end (oui, il n’y a que des filles dans notre groupe), c’est mon week-end à moi et j’adore ! Un an : ça me permet de maitriser mon temps de reconversion même si parfois ça me coûte en termes d’apprentissage, car sur un an, c’est intense (sur le papier, non). J’ai choisi le week-end comme ça je n’ai pas les bouchons et ça n’empiète pas sur mon temps de travail !
Mon avis sur le choix de ma formation et son impact sur ma pratique en tant que future professionnelle
Les 6 premiers mois de ma formation sont consacrés à l’apprentissage des techniques, outils, méthodes que je vais ensuite utiliser dans mes accompagnements. En six mois, on apprend 5 « niveaux » sur treize** pour un total d’environ vingt-cinq à trente techniques, outils et méthodes. Pour savoir quelle technique utiliser en pratique, il faut d’une part l’avoir « vécue » en tant que personne accompagnée (ici, en tant qu’apprenant / étudiant) et d’autre part savoir quand utiliser celle-ci plutôt que celle-là (ça, on l’apprend dans la deuxième partie de l’année). Enfin, le temps passé en formation permet d’assimiler à son rythme ces différentes techniques pour pouvoir les utiliser à son tour sans avoir ses fiches de débutant le jour où l’on commence. Ah ! je vous entends d’ici vous insurger sur les débuts ! Du calme, tout va bien 😊 Bien sûr, tout le monde a commencé un jour, tout le monde a douté et a eu besoin de ses fiches pour se rassurer, mais le temps aide d’une part à assimiler les techniques, d’autre part à les comprendre (leur intention, leurs bienfaits, etc), et enfin l’accompagné est quand même plus rassuré de voir un professionnel confiant et qui maitrise.
* le RNCP était donné sur des critères de contenu pédagogique et administratif propre à une école, ce qui est différent de l’enseignement concret ou de la pratique réelle par le praticien par la suite.
Pour choisir votre praticien, fiez-vous, entre autres, à votre ressenti lors des échanges.
** la sophrologie est divisée en 12 degrés et une phase préparatoire, d’où les 13 « niveaux »
Article écrit en 04.2026