Contexte
On m’a souvent dit que j’étais une personne souriante, c’est vrai, je suis comme ça. Je précise que je suis française et que j’ai grandi en France continentale car une bonne partie de mon article est basée sur notre culture.
Le Larousse définit le sourire comme « Expression rieuse, marquée par de légers mouvements du visage, et en particulier un élément de la bouche, qui indique le plaisir, la sympathie, l’affection, etc »
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec « expression rieuse » car cela est connoté rire, donc amusement, divertissement, gaieté et mon sourire ne porte pas toujours directement sur ces points-là.
Cette définition du Larousse est intéressante car mon mari, étranger de langue hispanophone, me pose souvent la question « por qué te ríes ? ». « Reírse » en espagnol, signifie littéralement « rire » car le verbe « sourire » existe et se traduit par « sonreír ». Mais il traduit mon sourire par un rire… l’usage des mots dans chaque langue et culture !
Gratitude
« Merci pour votre sourire ! » est une phrase que j’ai entendue encore hier, après avoir souri à un SDF.
Oui, je souris aux SDF, je souris aux personnes qui sont dans le train ou le bus et qui croisent mon regard un instant, je souris au salarié qui se trouve sur mon chemin et avec qui je vais peut-être avoir un échange même bref. Eh bien oui, je suis humaine et j’essaie de mettre un peu d’humanité dans mes échanges du quotidien…
Non, je ne souris pas « forcée » pour le paraitre ; non, je ne souris pas à tout-va, tout le temps, à n’importe quel moment, avec n’importe qui ; non, ce n’est pas une façade construite à travers mes différents métiers ; non, je n’ai pas de sourire « greffé » sur mon visage comme on fait de la chirurgie esthétique.
Mon sourire est sincère, s’entend même au téléphone (le ton, le débit, le volume font partie du langage non verbal) et surtout, il ne me coûte rien !
Intentionnalité, engagement et gratuité
Vous êtes-vous déjà demandé quelle intentionnalité vous mettiez derrière un sourire ? Pourquoi souriez-vous à un proche ? Et un sourire à un collègue ? Souriez-vous à votre supérieur hiérarchique, que ce soit votre N+1 ou le directeur de l’entreprise ? Souriez-vous à un client, à un fournisseur ?
Comment percez-vous une personne qui sourit ? Pensez-vous qu’elle attend quelque chose en retour ? Qu’elle est comme ça, souriante par nature ? Que son sourire est forcé et donc d’apparat ?
Quel engagement cela implique ? De la part de celui ou celle qui sourit comme de celui ou celle qui reçoit le sourire ?
Et surtout, ça coûte quoi ? C’est si cher que ça ?
Ne trouvez-vous pas paradoxal le fait de vivre dans un monde où les machines prennent de plus en plus de place, où nous nous retrouvons coupés des autres et en même temps de décrier le manque de relations humaines, d’humanité ? Ne souhaitez-vous pas vivre un peu de cette humanité ? Alors, qu’attendez-vous pour remettre le sourire dans votre vie ?
Et dans les autres cultures ?
Extrait du musée du sourire :
La façon dont le sourire est perçu diffère selon les cultures. Attention, donc ! En Norvège, sourire à un inconnu vous fera passer
pour un fou. « On sourit partout mais pas pour les mêmes raisons », affirme David Le Breton, professeur de sociologie à
l’université de Strasbourg et auteur du livre « Les Passions ordinaires. Anthropologie des émotions » (ed. Payot). « Au Japon,
quand on annonce à quelqu’un qu’on a perdu un être cher, on le fait en souriant, pour lui signifier qu’il ne doit pas se sentir
impliqué dans notre peine. »
Si un large sourire est pris comme un signe d’ouverture à l’autre aux États-Unis, en Russie il en est tout autrement. En Suisse, le
sourire est preuve d’intégrité (…). Selon Kuba Krys, chercheur en psychologie sociale à l’université de Varsovie, le sourire est
davantage valorisé dans les pays ouverts à la nouveauté. (…) Au Japon, en Inde, en Iran ou en Russie, (…) le sourire est surtout
perçu comme signe de fourberie et de corruption.
https://www.museedusourire.com/le-sourire-a-t-il-la-meme-signification-dans-toutes-les-cultures/
Conclusion
Oui, je souris et je n’ai pas l’intention de changer. Si l’on se rencontre un jour, que ce soit en accompagnement en sophrologie, en formation, dans un autre contexte professionnel ou de manière informelle, vous vous en rendrez compte. Je souris mais pas à tout-va.
Cela ne me coûte rien, ce n’est pas hypocrite de ma part, c’est un signe d’ouverture vers l’autre dont je n’attends rien en retour, c’est ma nature et je suis ravie d’égayer, même ponctuellement, la journée d’autrui. Dans ce monde où les relations humaines disparaissent, un peu d’humanité gratuite est bienvenue, non ?
Et vous, est-ce que vous souriez ? Avez-vous une vision différente après avoir lu cet article ?
Article écrit en 05.2026