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Vida Rica sin Brújula

Temps de lecture : 3 mn

Dans mon dernier article, je vous racontais que je démissionnais d’un poste où j’avais été débauché et que j’avais accepté par pur ego. L’année qui a suivi fut bien différente !

1e question : trouver de l’argent, le nerf de la guerre
Démission = plus de salaire et pas d’allocation chômage. Concrètement : pas de rentrée d’argent mais toujours des sorties (loyer, électricité, alimentation…). J’aurais pu retourner dans l’hôtellerie ou bien frapper à la porte de mon ancien employeur mais non, cela ne me correspond pas. Quand c’est fini, c’est fini.
Ma mère, l’année chez Optims, tomba malade. Opportunité toute trouvée : retour à la maison puisqu’il y a une chambre disponible. Cela me permet aussi de me poser et réfléchir sans dépenser trop d’argent (participation évidente aux frais de la maison).

2e question : quoi faire ?
Je ne vais pas vous mentir, je ne me souviens pas de ce que j’ai fait, si ce n’est très certainement répondre à des offres d’emploi. A cette époque, il y avait un business en pleine croissance : les taxi-motos. On voyait souvent des reportages à la télévision, à Paris et dans d’autres villes où le business était fleurissant.
Et pourquoi pas ? pourquoi ne pas me lancer ? En plus, j’avais envie d’apprendre la moto depuis longtemps, je ne voulais plus de hiérarchie à la c**, cela me paraissait une bonne idée.

Mise en route
Grâce à l’ANPE (aujourd’hui France Travail), je me lance dans l’aventure et entame toute une série d’ateliers pour créateurs d’entreprise. Je monte un business plan, trouve les financements nécessaires, investis de mon côté dans le permis moto (à l’époque, le code est encore valable et je n’ai que la partie conduite à valider), achète un maxi-scooter Yamaha, bref, tout roule comme sur des roulettes.
Je déménage en plein centre de Toulouse, fais ma pub auprès de différentes sociétés et hôtels : tout commence bien.

Débuts de mon entreprise
1e déconvenue : à peine l’entreprise immatriculée, je reçois de l’URSSAF un appel à cotisations. Et pas 50€ ! Dégoûtée de voir que l’administration ne laisse aucun répit : aussitôt créée, il faut passer à la caisse !
2e déconvenue : 1er appel tôt le matin d’un hôtel place du Capitole pour un client à emmener à l’aéroport. Super sauf que c’est une urgence (sinon ce n’est pas drôle) : le téléphone me réveille, je dois au minimum m’habiller, me débarbouiller, avaler un truc puis sortir ma bécane du garage et me rendre à l’hôtel. Ce qui fait au moins 20 à 30 mn. Plus trop d’urgence mais je prends la course.
3e déconvenue : le garage refuse de s’ouvrir…. Il doit être 6h00 du matin et cette fichue porte de garage ne veut pas s’ouvrir ! Lassée de batailler, j’appelle l’hôtel pour lui expliquer la situation. Conclusion : j’ai non seulement perdu la course mais aussi le client et l’hôtel (= intermédiaire pour de futurs clients). J’imagine qu’il a passé le mot auprès des autres concierges et réceptions…
4e déconvenue : j’ai des appels pour des livraisons de paquets, donc pour être coursière. Pourquoi pas ! cela me permet de m’habituer à mon maxi-scooter, la conduite en ville en 2 roues et de travailler un peu, mais ce n’est pas le cœur de mon travail…

Fin de mon aventure
Très peu de clients, aucun en transport de passagers, beaucoup d’appels à cotisation de l’administration m’ont découragée de continuer. Trop peu de rentrées d’argent par rapport aux sorties malheureusement. Je mets un terme à cette aventure. Elle aura duré 3 mois entre l’immatriculation et la cession.

Pourquoi ça n’a pas fonctionné ?
L’été dernier, lors d’un atelier APEC dont j’ai oublié le thème, l’intervenante me demande pourquoi mon entreprise n’a pas fonctionné. Cela fait 20 ans déjà, j’ai répondu que je ne savais pas car j’avais suivi toutes les formations, j’avais selon moi fait tout ce qu’il fallait, notamment pour me faire connaitre et donc je ne comprenais pas. Ma réponse ne lui convient pas, elle me repose la question à laquelle je réponds à l’identique. Honnêtement, je ne m’étais jamais demandé pourquoi ça n’avait pas fonctionné jusqu’à ce jour.
En y réfléchissant a posteriori, je me suis rendue compte que j’avais créé cette entreprise pour de mauvaises raisons : je ne voulais plus de hiérarchie, je voulais être ma propre cheffe. Si ça fonctionnait à Paris et ailleurs, pourquoi pas à Toulouse ?
Je partais du principe qu’il suffisait de le vouloir pour que ça fonctionne ; qu’avec mon permis moto et 0 pratique, ça ne poserait pas de problème (on transporte un passager sur un deux-roues, pas dans une voiture et ce n’est pas tout à fait identique) ; qu’en faisant le tour des hôtels et de la pub, le business démarrerait, même doucement au début ; et surtout, il y a Airbus, Airbus qui comme par magie facilite les choses (cela signifie : ils ont beaucoup de clients, de salariés, des déplacements, les gens sont pressés, donc le taxi-moto est une bonne option !). Que nenni !

Conclusion
Une année à me poser des questions, construire un projet de A à Z, accompagnée par des pros, à m’investir et à investir du temps et de l’argent pour une réalisation de courte durée, frustrante et qui me conduira à nouveau au salariat. Mais ce n’est que partie remise !

Quelques capacités, connaissances et compétences apprises et développées
Capacités : décider, s’adapter, se diversifier, accepter l’échec, rebondir face aux obstacles
Connaissances : connaitre les règles juridiques propres à l’activité, connaitre le marché
Compétences : analyse du marché, gestion financière, prévisions budgétaires, convaincre le banquier et des prestataires ou futurs clients

Article rédigé en 07.2026


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