Contexte
J’ai vécu pendant 8 ans à l’étranger, dans un pays d’Amérique Centrale, au climat tropical humide. Au risque de vous surprendre, je n’ai jamais vraiment eu chaud (sauf certains jours d’été quand il n’y avait pas de vent, cela devenait une vraie fournaise). J’avais 3 jobs, dont deux à mon compte dans le tourisme et j’adorais ma vie.
Badaboum !
Il y a 3 ans, trois choses se produisent :
- la première vient du climat : c’est une année où il a fait très chaud au niveau planétaire et j’ai eu beaucoup de mal à supporter la chaleur. J’avais chaud, je n’étais pas bien, je dormais mal, j’étais irritable, j’avais en plus des bouffées de chaleur…
- les deuxième et troisième sont professionnelles : d’une part, je n’avais plus l’entrain d’avant, je travaillais presque de façon mécanique. Je me suis toujours beaucoup investie dans mon travail, sauf que quand je n’ai plus envie, j’ai du mal à le cacher et quand on est en contact avec la clientèle, c’est un peu embêtant (dans ma conception de la relation clientèle). De plus, je portais la responsabilité financière du foyer puisque mon mari travaillait avec moi et mon entreprise me procurait deux revenus. D’autre part, du jour au lendemain, à partir d’avril ou mai, j’ai eu une perte brutale du nombre de contacts, donc de futurs clients… Financièrement, ça pouvait vite devenir compliqué…
Le poids de la responsabilité financière du foyer couplé à la chaleur de plus en plus difficile à vivre au quotidien me rendaient la vie de plus en plus compliquée ; je supportais de moins en moins les locaux avec qui j’avais vécu pendant 8 ans sans problème ; je m’énervais pour un rien alors que ce n’était pas dans mes habitudes.
Etant dans un âge où le cycle féminin commence à faire des caprices et que les symptômes correspondaient (bouffées de chaleur, irritabilité, pas bien, etc), mon mari et moi avons pensé que c’était tout simplement un passage naturel pour moi, que cela faisait partie de mon cycle de vie en tant que femme.
Mais quelque chose à l’intérieur de moi me poussait à partir, à quitter ce pays où c’était devenu juste impossible pour moi. Faute de trouver où nous installer pour diverses raisons que je n’exposerai pas ici, nous sommes rentrés en France, chez ma mère qui a bien voulu nous accueillir. C’était il y a 2,5 ans.
Transition imposée
Deux mois après notre arrivée, on m’a proposé un travail très intéressant et bien payé en CDD, quelque chose de nouveau qui auparavant m’aurait stimulée et motivée. Un CDI m’a été proposé, tout comme « faire mon marché » sur mes conditions de travail pour me convaincre de rester, mais non, cela ne me correspondait plus, ce n’était pas pour moi. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas, ça devenait physique ! Mon corps rejetait ce travail et le contexte. Après un mois de réflexion, j’ai recommencé à chercher du travail, toujours dans le tourisme, mon monde professionnel. Mais je refusais systématiquement les offres, je trouvais toujours une raison pour refuser le contrat. Le final fut mon dernier emploi, l’hiver dernier. Puis deux anciens employeurs m’ont contactée récemment, à qui j’ai dit non. Je sais qu’ils n’ont pas compris mon refus et je ne leur demande pas ; mon corps me dit « stop » et je me dois de l’écouter. Je ne peux plus. Je continue à vouloir mais ça coince… Je dois me rendre à l’évidence : ce monde-là n’est plus pour moi, je dois arrêter de m’entêter dans cette voie. Ensuite, je n’ai plus été en capacité de travailler mais il m’a fallu du temps pour le comprendre. Aujourd’hui encore, ça reste un sujet sensible… J’ai eu besoin de temps, j’en ai encore besoin. Cela fait l’objet d’un article 😊.
Article écrit en 03.2026