Passer au contenu principal

Vida Rica sin Brújula

Temps de lecture : 4 mn

Dans mon précédent article, je vous ai laissé avec mon année expérimentale en fac et j’avais également évoqué un de mes rêves.

Lors de cette année de terminale où l’on doit choisir son orientation, je m’étais rendue au Salon de l’Etudiant, comme beaucoup d’étudiants. Ces salons sont intéressants pour deux raisons, selon moi :
– quand on ne sait pas quoi faire, ça permet de s’informer de manière plus approfondie sur certaines formations, mais aussi de découvrir des formations auxquelles on n’aurait pas forcément pensé ;
– quand on sait quoi faire, c’est parfait pour rencontrer les écoles que l’on vise et discuter avec les représentants et élèves présents ou anciens élèves pour lever des doutes, poser des questions supplémentaires, etc.

Quand j’étais petite, je voulais être vétérinaire pour soigner et sauver les animaux (c’est mon côté humanitaire mais pour la cause animale) mais je suis trop sensible, donc j’ai abandonné cette idée.
Puis en grandissant, je voulais être pilote d’avion de chasse comme Tom Cruise dans Top Gun pour ensuite devenir astronaute et travailler à la NASA. On dirait Sophie Adenot, non ? 😉 A ce fameux salon, je vais donc voir l’armée de l’air pour me renseigner. Grosse déception : les femmes ne sont pas acceptées comme pilote d’avion de chasse en France. Mon monde s’écroule, quelle injustice, pourquoi ?! Je ne comprends pas, sûre de moi du haut de mes 18 ans que le monde allait m’ouvrir les bras ! Devant ma mine déconfite, le militaire me propose d’autres options : pilote d’hélicoptère, je crois aussi pilote d’avion cargo (pour les marchandises), toujours dans l’armée, ou bien pilote dans l’aviation civile pour rester en France. Il m’indique aussi que je peux devenir pilote de chasse en tant que femme mais à l’étranger, en Israël par exemple. Pourquoi Israël permet aux femmes de devenir pilote de chasse et pas la France ? C’est de la discrimination et ma frustration à ce moment-là est très grande, moi qui ne supporte pas l’injustice. Mais je ne pouvais pas me battre contre le gouvernement a à peine 18 ans. Et partir en Israël ne m’appelait pas plus que ça. Exit mon premier rêve.

Mon deuxième rêve était de vivre aux USA, le fameux American Dream !
Revenons à cette année expérimentale en fac : lorsque j’ai vu que j’avais réussi mes partiels mais qu’il était trop tard pour étudier pour ceux de fin d’année, je remets mon rêve USA au goût du jour et je cherche une option pour m’y rendre et le vivre. Petit reminder : impossible d’y étudier pour le côté financier et je refuse d’y vivre en tant qu’immigrée illégale.
Je trouve finalement un autre moyen : devenir au pair ! Au pair ou jeune fille au pair, ça signifie vivre dans une famille du pays dans lequel on réside, être légale (avec un visa), s’occuper des enfants de la famille et être rémunérée pour ça, suivre des cours de langue pour améliorer son niveau, tout cela selon une durée déterminée en fonction du pays. Aux Etats-Unis, le contrat était d’un an. Je parle de jeune fille au pair, mais les garçons sont aussi acceptés.

Après ma saison à Disneyland Paris, je décolle en septembre pour les States. Enfin mon rêve se réalise ! Je vais y rester de septembre 96 à avril – mai 97 car ce ne sera pas réellement un « rêve ». Les attentes de la famille envers moi sont élevées suite à la précédente au pair française. Or je ne suis pas cette précédente au pair, je n’ai pas son caractère, je ne suis pas aussi malléable qu’elle ; la famille d’accueil a oublié que chaque au pair a sa propre personnalité et ce que fait l’une n’est pas acquis avec la suivante (nous ne sommes pas des clones).
Je les quitterai donc un matin, après avoir déposé les enfants à l’école et fait mes valises en toute discrétion les quelques jours avant mon départ. J’ai pris le train pour New York puis l’avion jusqu’à Paris, stressée comme pas possible jusqu’à l’arrivée, de peur que les autorités américaines ne m’attrapent et me jettent en prison. Avec du recul, c’est ma conscience qui m’a fait autant stresser : en effet, je quittais leur territoire, je ne restais pas comme illégale, la famille a gardé la caution de 500$ pour trouver une baby-sitter de remplacement, donc rien à me reprocher réellement.
Après avoir atterri à Paris, je me rends au comptoir d’enregistrement à Orly pour prendre mon avion pour Toulouse, l’agent d’escale (l’hôtesse au sol) me dit : « vous n’avez pas de bagages ? » « Non, non, je n’ai pas de bagages. » Mon chariot débordait (je ne voyais pas devant moi en avançant, bon j’avoue : je suis loin d’avoir la taille d’Adriana Karembeu !), je ne sais pas comment j’ai fait pour les différents transferts à New York puis à Paris tellement j’avais de bagages ! Mais peu m’importait, j’étais en France, dans mon pays, saine et sauve et je rentrais chez moi, avec mon rêve réalisé.

Cette aventure m’aura permis :

  • de réaliser au moins un de mes deux rêves,
  • d’améliorer indéniablement mon anglais,
  • de travailler ma débrouillardise même si je l’étais déjà un peu avant,
  • de rencontrer de nouvelles personnes et créer des liens, même si dans un autre contexte, on ne se serait certainement jamais parlé,
  • de visiter un peu les USA,
  • et de connaître un petit peu la mentalité américaine dont je ne suis pas fan. Je suis authentique, sincère et honnête, je ne juge pas sur les apparences et ce n’est pas ce que j’ai pu constater sur place.

Je comprendrai plus tard que lorsqu’on idéalise quelque chose, les attentes sont fortes et la réalité pas souvent à leur hauteur malheureusement. Et je suis un peu idéaliste, avec des attentes fortes, donc souvent déçue ☹ But it’s life !

A mon retour des USA, je trouve du travail en Angleterre, sujet de mon prochain article.

Article écrit en 02.2026


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *