Passer au contenu principal

Vida Rica sin Brújula

Temps de lecture : 3 mn

Grâce au General Manager du Hilton Paris, je suis partie au Hilton Barcelone, avec pour objectif d’améliorer mon espagnol. J’ai intégré l’hôtel en tant qu’assistante de réception (je suis repartie en bas de l’échelle) puis suis passée réceptionniste au bout de quelques mois.

Ce que je n’avais pas anticipé ni même imaginé, est que j’atterrissais en Catalogne, pas en Espagne ! Je ne sais pas aujourd’hui comment cela se passe puisqu’il y a énormément d’étrangers à Barcelone ; ce que je peux vous dire, c’est qu’à l’époque, il n’y en avait pas autant et que l’on vous faisait bien comprendre et sentir que vous étiez étranger. Bienvenidos a Barcelona !

Parmi mes collègues et les clients, il y avait des Français, des Espagnols et des Sud-Américains comme « étrangers », ainsi que des Catalans. Les « étrangers » me parlaient en espagnol, en français ou en anglais, les Catalans en catalan. Je venais pour améliorer mon espagnol, me voilà à essayer de décrypter le catalan, avec clients et collègues. Le choc linguistique !

Dans ma vie quotidienne, j’y étais aussi confronté : pour les courses, les transports, les sorties, on me parlait en catalan, même les annonces audios des arrêts de métro étaient en catalan. Côté logement, je louais une chambre chez une Espagnole, Yaitxa, qui travaillait à l’hôtel et était originaire des Baléares. Elle me parlait en espagnol. J’avais au moins ce répit quand on se voyait.

Malgré ces déboires linguistiques, j’ai pu améliorer mon espagnol et me suis mise à apprendre le catalan en même temps que l’italien. Mauvaise idée ! Je mélangeais l’espagnol et l’italien, aujourd’hui encore je mélange le mot fontaine (fuente en espagnol, fontana en italien)…

Le catalan n’est pas si compliqué que ça à apprendre : ce que j’en retiens, c’est que c’est comme un mélange d’espagnol et de français, avec parfois une prononciation à la portugaise. Ce mélange provient de la situation géographique de la Catalogne, à cheval sur les deux pays. Un exemple : pour dire « un étage en-dessous », on dit « un pis abaix », prononcez « oun piss abaïch ».

Je ne suis pas restée à Barcelone pour différentes raisons : d’abord, le fait de se sentir étrangère a été pesant pour moi ; puis, comme je logeais chez cette collègue, je n’étais pas chez moi, et déjà, à l’époque, le logement était super cher, je ne voyais donc pas d’issue sur ce plan-là ; ensuite, vous le savez, on trouve en général ses amis dans son entourage proche (études, travail, loisirs) et là, mon cercle se limitait à mes collègues. Or, ces collègues étaient tous « casés » donc pas facile de rentrer dans le cercle déjà établi. Côté loisirs, j’allais à la salle de sport mais difficile de faire des connaissances là aussi. Enfin, le défi de la langue alors que j’étais venue pour l’espagnol, a pesé dans la balance. La ville me plaisait mais je ne m’y sentais pas assez bien pour y rester.

J’avais amélioré mon espagnol, je n’avais de logement à moi, je n’avais pas plus d’amis que ça, je ne voyais pas de raison de rester. Je suis donc partie à Cannes, grâce à l’aide d’un ancien collègue et ami du Hilton Paris, Raphaël. Quelle ne fut pas ma surprise lors de ma fête de départ, ma « despedida », de m’entendre dire de la part de mes collègues les plus réfractaires à mon encontre (les catalans !), qu’ils avaient apprécié avoir travaillé avec moi et que leur porte m’était ouverte si j’avais besoin ! J’imagine qu’ils m’avaient fait passer comme un bizutage, un peu long à mon goût, que j’avais apparemment réussi.

La vie est pleine de surprise et il ne faut pas se fier aux apparences, sera ce que j’en retiendrai…


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *