Passer au contenu principal

Vida Rica sin Brújula

Temps de lecture : 4 mn

Vous connaissez le RSE ? le mot « bienveillance » ? toutes ces idées et concepts qui renvoient une image de « je suis une bonne personne ou une bonne entreprise », « je prends soin de la planète », « je me préoccupe des autres », etc ?

C’est le sujet de cet article avec deux exemples vécus.

1er exemple : la bienveillance
Je rentre en formation pour me « défaire » de ma conseillère France Travail, pour m’accorder une pause pour moi, étant en pleine restructuration intérieure un peu subie 😊 (voir la catégorie Mon Cheminement). Cette formation dure trois mois, les objectifs sont de valider un projet professionnel si on en a un, ou bien de trouver une voie ou une formation à la sortie de celle-ci, tout ça grâce à différents ateliers et des stages pour valider ou invalider nos choix et orientations. Un beau programme en perspective.
Cette formation est animée par une personne que j’appellerai A avec un autre intervenant B une fois par semaine pour les thématiques propres à l’emploi. Sauf que A termine une formation qu’une tierce personne C devait initialement animer mais pour diverses raisons n’a pas pu la faire. Donc nous nous retrouvons avec C sur les deux premières semaines, le temps que A finisse son autre formation. Vous suivez toujours ?
C, lors de sa présentation, nous parle de sa posture de formatrice : ouverte, à l’écoute, pédagogue, adaptable à chacun d’entre nous, sans jugement, patiente, bienveillante….

Le groupe d’apprenants dont je fais partie est hétérogène sans cas particulier qui demande une grosse adaptation quelle qu’elle soit. L’un des apprenants parle beaucoup, a besoin d’attention, ne sait pas résumer, faire concis, clair, bref quand il a la parole, ça dure un petit moment.
En tant que formatrice, il est difficile de s’adapter à ce type de personnalité : la personne a droit à la parole autant que les autres apprenants mais ne doit pas non plus monopoliser ce temps afin de respecter aussi le temps dédié à la formation propre, donc pas très simple à gérer en réalité.

C ayant annoncé dès le début être patiente, pédagogue, bienveillante, etc va se révéler être tout le contraire, en particulier avec cet apprenant mais pas que.
Au bout des quinze jours passés avec C, le ressenti des personnalités les plus indépendantes et autonomes du groupe d’apprenants (cela signifie « pas en mode « mouton de panurge » ») est plutôt négatif : un jour de plus avec C et on quitte la formation ! Rien de comment elle s’est présentée n’est réel : très peu de patience, veut absolument garder le contrôle sur tout, a toujours raison, est très directive et surtout pas du tout bienveillante !
Ce qui est drôle, c’est que C n’a pas eu le même ressenti que notre groupe et a même dit à ses collègues formateurs que ça s’était très bien passé et qu’on avait même fait un goûter ! Très surprise, j’ai dit à A, la formatrice officielle, « demandons au groupe quand nous avons fait un goûter avec C ». Etonnement général du groupe !!!

2e exemple : le « sans jugement »
Le premier week-end de ma formation en sophrologie, nous avons la même intervenante sur les deux jours. Elle nous parle de la sophrologie, du découpage des exercices et nous en fait vivre quelques-uns. Un des mots qui revient souvent dans son discours (et sur les deux ou trois premiers week-ends avec d’autres intervenants) est « sans jugement, sans a priori ». Elle parle aussi d’elle-même et d’exemples personnels où sa famille a été jugée selon les « a priori » sur le fait d’être sophrologue.

Je reviens sur le premier jour de formation, celui où l’on fait connaissance les uns avec les autres parmi le groupe mais aussi avec notre formatrice que l’on reverra au cours de l’année. Lors du tour de table des présentations, chaque personne expose la raison de sa présence à cette formation et donne d’autres informations si elle le souhaite. Je raconte être en reconversion professionnelle pour devenir sophrologue et pratiquer d’autres méthodes alternatives à titre personnel, peut-être à intégrer plus tard avec la sophrologie. A la fin du tour de table, la formatrice balaie rapidement ce qu’elle a entendu et juge clairement les personnes en reconversion professionnelle ainsi que celles qui pratiquent d’autres méthodes alternatives, sans bien sûr nommer ces personnes. Où est donc passé ce fameux « sans jugement, sans a priori » ?

Je m’arrête-là car ça me hérisse le poil et des exemples, j’en ai à la pelle !


On a tous des a priori et on a tous jugé au moins une fois, consciemment ou inconsciemment, volontairement ou pas, selon notre culture, notre éducation, notre parcours, le contexte, nos valeurs, notre âge, notre maturité, notre sensibilité au thème concerné… je pense que c’est dans les gênes de l’être humain même si j’ai rencontré dans d’autres cultures lointaines une quasi-absence de jugement. Mais quel droit avons-nous de juger ? Qui sommes-nous pour nous permettre cela ? Pourquoi le parcours des uns doit être identique à celui des autres ? Pourquoi n’a-t-on pas le droit d’être juste soi, avec ses idées, même farfelues ? Comment sont nées toutes les inventions, tout ce qu’on utilise aujourd’hui ? Il a bien fallu qu’une personne (parfois considéré comme fou ou folle selon la société) aille jusqu’au bout de ses convictions, suive son chemin, sa voie, ses idées farfelues, non ? Je rédigerai un article sur le jugement car c’est un sujet qui me tient très à coeur.
Afficher une image, une valeur, un comportement dans sa pratique professionnelle, s’offusquer parce que les autres ne la respectent pas et ne pas l’appliquer soi-même est pour moi une hérésie !

« Fais ce que je dis, pas ce que je fais ! »

Conclusion
Quel décalage entre le discours et la réalité ! J’ai pris ces deux exemples récents car ils sont frais dans ma mémoire mais ce n’est pas la première fois et ne sera pas la dernière que je vis de telles situations. Ce qui m’agace, c’est le discours porté haut et fort devant tout le monde alors que dans les faits, ces personnes, représentant une certaine autorité ou connaissance, agissent à l’opposé.
Pourquoi a-t-on besoin de montrer une image alors que nos actes nous trahissent ? Pourquoi avoir tant besoin de paraître ? De plus quand vous êtes formateur, vous vous devez d’avoir une prise de recul sur vos pratiques, votre discours, de vous écouter parler, ça fait partie du job.
Ces pratiques de « bien paraître » à travers des mots, des idées, des concepts ne sont rien d’autre que des phénomènes de mode ; malheureusement, la mode et moi, on n’est pas très copines. Je ne suis pas une bonne consommatrice bien docile ; je suis moi, avec mes goûts, mes valeurs, mon authenticité, que ça plaise ou pas, que ce soit dans l’air du temps ou pas.

Et vous, j’imagine que vous avez déjà vécu des situations comme mes exemples. Que pensez-vous de ces phénomènes de mode ? Avez-vous la même opinion ?

Article écrit en 04.2026



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *